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Notre
commentaire: Voici la dernière trouvaille
pour compenser la suppression de la taxe professionnelle:
la taxe (RSI) sur les surfaces commerciales sera affectée
aux pôles communes-intercommunalités.
Et les retraites des commerçants dans tout ça?.
Les maires n'auront que faire des concurrents, du moment
que la taxe des surfaces commerciales rentre dans les
deniers de la commune! |
4 novembre 2009
Département Finances
dossier suivi par Alain ROBY
LA REFORME DE LA TAXE PROFESSIONNELLE
ET SES CONSEQUENCES SUR L’ENSEMBLE DE LA FISCALITE
LOCALE APRES LE VOTE DE LA PREMIERE PARTIE DU PROJET DE LOI
DE FINANCES 2010, LE 27 OCTOBRE, PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE
SYNTHESE
§ Le gouvernement a décidé de présenter
au Parlement, cet automne, son projet de réforme de
la taxe professionnelle, avec comme objectifs :
- de favoriser la compétitivité des entreprises
françaises - en particulier celle des industries -
et l’attractivité du territoire,
- d’assurer une compensation intégrale aux collectivités,
tout en maintenant le lien entre les collectivités
locales et les entreprises,
- de moderniser la fiscalité locale, en la spécialisant
et en la simplifiant,
- de respecter le principe constitutionnel d’autonomie
financière.
En ce qui concerne la répartition des nouveaux impôts
entre les différents niveaux de collectivités
locales, le gouvernement a laissé le soin au Parlement
de trancher.
§ Après les travaux réalisés en
commun par l’Association des Maires de France, l’Assemblée
des départements de France et l’Association des
régions de France, le Bureau de l’AMF ainsi que
les instances des différentes associations représentant
les maires et les présidents de communautés,
ont demandé à plusieurs reprises :
- que le bloc communes-communautés - ou pour le moins
les communautés - perçoivent également
une part de la cotisation sur la valeur ajoutée, répartie
en fonction de critères à déterminer
(et que les départements puissent par exemple bénéficier
en contrepartie d’une fraction de la CSG),
- que le lien fiscal entre territoires et entreprises soit
maintenu, de même que l’équilibre global
entre les impôts ménages et économiques,
- que soit saisie cette occasion, unique et historique, pour
mettre en place, au niveau national, une véritable
péréquation,
- que la réforme de la taxe professionnelle soit la
première étape d’une réforme d’ensemble
de la fiscalité locale.
§ L’article 2 du projet de loi de finances pour
2010, intitulé « suppression de la taxe professionnelle
» comporte quelques 60 pages, 1.257 alinéas et
10 volets :
- volet 1 : la nouvelle contribution économique territoriale
(CET), comportant deux parts : la CLA et la CC
- volet 2 : la cotisation complémentaire (CC)
- volet 3 : l’imposition forfaitaire sur les entreprises
de réseaux (IFER)
- volet 4 : les nouvelles règles d’affectation
des ressources fiscales
- volet 5 : les règles de liens e t de plafonnement
de taux – le ticket modérateur
- volet 6 : le transfert d’impôts d’État
vers les collectivités locales
- volet 7 : les compensations et la péréquation
- volet 8 : les dispositions transitoires
- volet 9 : les dispositions diverses
- volet 10 : la « logistique »
§ Alors que le rapporteur de la Commission des finances
avait présenté un amendement (n° 45), qui
se substituait à l’ensemble de l’article
2 du PLF (en modifiant quelques parties essentielles), 59
sous-amendements ont été adoptés, dont
16 présentés par le gouvernement.
Le PLF sera examiné par le Sénat, à compter
du 17 novembre prochain.
§ Avant de présenter dans le dossier ci-après
le dispositif complet de la réforme, en voici les principales
conséquences pour le communes et le s EPCI, avant son
vote par l’Assemblée nationale :
- les communes et les EPCI perçoivent, au lieu et place
de la taxe professionnelle (16,5 milliards d’euros),
une cotisation locale d’activité (5,5 milliards
d’euros), basée sur la valeur locative foncière
des établissements situés sur leur territoire,
- pour compenser cette perte, les communes et EPCI bénéficient
des produits fiscaux suivants :
. la part de taxe d’habitation perçue actuellement
par les départements (4,8 milliards),
. la part de taxe foncière sur le bâti perçue
actuellement par les régions (1,7 milliard),
. la part de taxe foncière sur le non bâti (non
agricole) perçue actuellement par les départements
et les régions (60 millions),
. la part de frais de gestion restituée par l’État
(2,1 milliards),
. les parts de 5 composantes de l’IFER (0,7 milliard),
les droits de mutation (0,4 milliard) et la TASCOM (0,6 milliard).
- dans le cas où les nouvelles recettes fiscales seraient
inférieures à celles perçues avant la
réforme, la collectivité concernée percevra
une compensation (pérenne), au titre de la dotation
de compensation de la réforme de la taxe professionnelle
(DCRTP) – si la différence est supérieure
à 50.000 euros – et du Fonds national de garantie
individuelle de ressources (FNGIR),
- dans le cas où les nouvelles recettes fiscales seraient
supérieures à celles perçues avant la
réforme, la collectivité concernée subira
un prélèvement (également pérenne),
destiné à alimenter le FNGIR.
§ L’Assemblée nationale a m odifié
quelque peu l’architecture de la réforme, ce
qui aura pour conséquence que
les communes et EPCI perçoivent :
- 20 % de la cotisation complémentaire totale (basée
sur la valeur ajoutée), soit un montant d’environ
2,3 milliards d’euros, ce qui répond en partie
à la demande des associations représentant les
maires et les présidents d’EPCI,
- 40 % (et non plus la totalité) de la taxe foncière
sur les propriétés bâties provenant des
régions,
- environ 55 % (et non plus la totalité) des frais
de gestion de la fiscalité locale restituée
par l’État, dans la mesure où les départements
perçoivent la totalité des frais de gestion
de la taxe foncière sur les propriétés
bâties restitués, soit environ 1 milliard d’euros.
Les communes et les EPCI ne perçoivent plus la nouvelle
part de droits de mutation qui devait leur être affectée,
celle-ci étant transférée aux départements.
§ Les dispositions de l’article 2 qui sont présentées
dans cette synthèse sont celles concernant les collectivités
locales (et non pas les entreprises).
VOLET 1 : LE REMPLACEMENT DE LA TP PAR UNE CONTRIBUTION ECONOMIQUE
TERRITORIALE (CET)
§ La contribution économique territoriale (CET)
[environ 17 milliards], qui remplace l’actuelle taxe
professionnelle [environ 25 milliards], est composée
de 2 parts distinctes :
- une cotisation locale d’activité (CLA) [environ
6 milliards], réservée aux communes et EPCI
à fiscalité propre, correspondant à l’actuelle
part de cotisation de TP basée sur les valeurs foncières,
- une cotisation complémentaire (CC) [environ 11 milliards],
calculée en fonction de la valeur ajoutée selon
un barème progressif, réservée aux départements
(75 %) et aux régions (25 %)
§ L’Assemblée nationale a décidé
d’affecter une part de la cotisation complémentaire
au bloc communes- EPCI, représentant 20 % de la totalité
de celle-ci, soit environ 2,3 milliards d’euros.
En conséquence, la part affectée aux départements
est réduite à 55 % , soit à environ 6
milliards d’euros .
§ La valeur locative des immobilisations industrielles
(évaluées selon la méthode comptable)
est diminuée de 15 %.
§ En ce qui concerne les titula ires de bénéfices
non commerciaux employant moins de 5 salariés (ex :
professions libérales), la base de la cotisation locale
d’activité reste la même, malgré
plusieurs tentatives d’amendement :
- 6 % des recettes,
- et valeur locative des biens passibles de la taxe foncière.
En contrepartie du maintien du prélèvement sur
les recettes, ces redevables ne sont pas soumis à la
cotisation complémentaire.
§ Les valeurs locatives foncières (bâties
et non bâties) font l’objet en 2010 d’une
revalorisation forfaitaire de + 1,20 %.
VOLET 2 : LA COTISATION COMPLEMENTAIRE
§ Le taux de la cotisation complémentaire, applicable
à la valeur ajoutée produite par l’entreprise,
est progressif ; il varie de :
- de 0,00 % à 0,50 %, pour les entreprises dont le
CA est compris entre 500.000 euros et 3 millions d’euros,
- de 0,50 % à 1,40 %, pour les entreprises dont le
CA est compris entre 3 et 10 millions d’euros,
- de 1,40 % à 1,50 %, pour les entreprises dont le
CA est compris entre 10 et 50 millions d’euros.
Le taux est fixé à 1,50 % au-dessus de 50 millions
d’euros de CA.
Compte tenu d’un abattement forfaitaire de 1.000 euros,
applicable à la cotisation complémentaire (si
le chiffre d’affaires est inférieur à
2 millions d’euros), dans la pratique, aucune entreprise
dont le chiffre d’affaires est inférieur à
1,080 million d’euros (hors-taxe) ne payera de cotisation
complémentaire.
§ La Commission des finances de l’Assemblée
Nationale avait noté qu’il s’agissait d’une
nouveauté radicale en matière de fiscalité
locale, dans la mesure où aucun impôt local existant
n’est progressif.
Par ailleurs, le fait que le barème soit défini
par rapport au chiffre d’affaires (et non pas par rapport
à l’assiette taxable (valeur ajoutée)
a pour effet d’alléger l’imposition des
entreprises dont la part de la VA dans le CA est élevée
(par rapport à celles dont la part de la VA dans le
CA est faible).
§ La Commission a également constaté que,
compte tenu du barème progressif et de l’abattement
forfaitaire de 1.000 euros, 90 % des entreprises ne seront
pas redevables de la cotisation complémentaire.
§ Un sous-amendement, proposé par des membres
de la Commission des finances de l’AN, et soutenu initialement
par celle-ci, visait à assujettir à la CC les
entreprises dont le CA est supérieur à 152.000
euros.
Cet abaissement de seuil devait s’accompagner :
- d’un taux unique de 1,5 % à partir de 2 millions
d’euros (et non pas 50 millions d’euros),
- d’un mécanisme d’entrée progressive
dans la cotisation, pour les entreprises dont le CA est compris
entre 152.000 euros et 2 millions d’euros,
- et d’un dispositif renforçant la minoration
forfaitaire au profit des petites entreprises (1.500 euros,
au lieu de 1.000 euros).
A la demande du Gouvernement, ce sous-amendement a été
retiré, notamment parce qu’il correspondait à
davantage d’entreprises perdantes (119.000 au lieu de
42.000).
L’exposé des motifs du sous-amendement remis
en cause répondait par avance à cette objection,
en rappelant que :
- s’il y a des perdants, c’est parce que certaines
entreprises ne paient quasiment plus d’impôt local
depuis la suppression de la part salaires (ne serait-il pas
opportun de comparer les effets de l’actuelle réforme
de la TP à la situation antérieure à
la suppression de la part salaires, dans la mesure où
celle-ci était la 1ère étape de l’actuelle
réforme ?),
- il serait juste que toutes les entreprises participent également
- en fonction de leurs capacités contributives - au
financement des services publics locaux.
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