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Var: Date des soldes avancée : les commerçants varois en colère

Paru le mardi 23 juin 2009

«Arrêtez le désastre ! » C'est en ces termes qu'une commerçante tropézienne résume la situation. Ce 24 juin, jour arrêté pour le début des soldes, est une aberration pour les commerçants du département. Jusqu'à l'an dernier, cette période, si attendue par les consommateurs, était fixée dans chaque département.

Depuis la loi de modernisation de l'économie, la date est nationale, avec des exceptions pour les départements frontaliers, et la possibilité d'une dérogation selon certains critères pour d'autres. Les Alpes-Maritimes ont ainsi obtenu satisfaction (lire en page suivante).

Les Varois ont-ils réagi trop tard ?

Dans le Var, des démarches ont été entreprises, à la mi-mars et de manière dispersée. Simultanément, le collectif Dca-Paca (1) et plusieurs associations de commerçants de différentes communes (Fréjus, Saint-Raphaël, Draguignan, Saint-Tropez...) ont adressé des courriers demandant le report de la date au 8 juillet à Christine Lagarde, ministre de l'Economie, aux sept députés et cinq sénateurs, ou au préfet. Aucune de ces actions n'a abouti, malgré les relances des parlementaires (M. Ginesta, Mme Hummel entre autres) qui, fin mai, ont fait suivre en urgence la requête à Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du Commerce et de l'Artisanat. En vain. Jean-Pierre Serra, vice-président du conseil général, s'en est ouvert à ce dernier en personne, sans plus de succès.

Également sollicité pour une intervention en haut lieu, du fait de sa position au gouvernement, Hubert Falco a transmis le dossier à son adjoint au commerce, Laurent Jérôme. Celui-ci a rencontré les représentants des Vitrines de Toulon (120 commerçants adhérents) lesquels auraient « été favorables à cette date car la conjoncture économique est difficile » selon l'élu.

En fait, il y a eu un gros couac, comme l'admet le président des Vitrines : « On n'a jamais été pour cette date, qui est une stupidité, mais on a été contraint de l'accepter car on n'a pas réfléchi avant pour demander une dérogation. Quand on nous a demandé ce qu'on en pensait, c'était trop tard, on avait pris des engagements publicitaires pour cette période. »

Autre raté, celui de la préfecture du Var, pourtant saisie le 15 avril par la présidente de l'association des commerçants raphaëlois. Le représentant du secrétaire d'État souligne dans sa réponse : « Aucun département, ayant fait une telle demande et répondant aux critères posés par la loi, n'a été écarté. » Traduisez : le Var n'a pas fait remonter le souhait de dérogation.

Pourtant, le département a bien une situation particulière tenant à la saisonnalité des ventes. Hier, les services du préfet ne pouvaient expliquer s'il s'agit d'un oubli ou d'une négligence.

1. Défense des commerçants et artisans, Provence-Alpes-Côte d'Azur.